10.10.08

123 - Skywriting

Skywriting, écrire dans le ciel... Jolie métaphore pour cet exercice d'écriture auquel je suis en train de me livrer, là, tout de suite. Un exercice à la fois privé (dans son mode de production) et massivement public, au moins virtuellement, dans sa diffusion... Eh oui, le nombre de lecteurs (potentiels, certes) avoisine maintenant le milliard et demi !

Je sais pas vous, mais moi ces histoires de cloud computing, je n'ai jamais trouvé ça très engageant. D'un point de vue météorologique, j'entends : cloud computing me donne plutôt envie de rester au coin du feu.

Skywriting
, c'est autrement plus exaltant... D'autant qu'il suffit d'y googler un oeil pour découvrir que le sens véritable du skywriting, j'entends le sens googlesque, évoque une pratique dont le nuage est, précisément, l'ennemi absolu.

Bon, je ne retrouve plus où j'ai croisé initialement l'expression, mais c'était sans doute sur le web vu que ça pointait vers le texte contenant la première occurrence repérée du skywriting en question... Un texte de Stevan Harnad, un cogniticien de Princeton, qui raconte comment son penchant épistolaire, considéré par ses pairs comme un total anachronisme, avait trouvé une incarnation nouvelle au travers du mail puis du dit skywriting.
And then I discovered sky-writing -- a new medium that has since made my e-mailing seem as remote and obsolete as illuminated manuscripts. (...) The transformation was complete. The radically new medium seemed to me a worthy successor in that series of revolutions in the advancement of ideas that began with the advent of speech, then writing, then print; and now, skywriting. (1)
Bon, l'histoire se finit mal puisque son enthousiasme se trouve brutalement refroidi ensuite par une avalanche de messages haineux déclenché par un troll de passage... Mais le plus intéressant dans l'histoire, c'est la date : ce texte, que Stevan Harnad avait envoyé au New York Times qui l'a refusé, date de 1987. 1987 !! Et il ne s'agissait pas de blogs, de forums, et encore moins de réseaux sociaux, mais de ce bon vieil Usenet dont seuls des quarantenaires endurcis peuvent encore se souvenir...

Tiens au fait je me pose une question : combien de temps l'expression nouvelles technologies va-t-elle encore survivre pour désigner des choses qui approchent le demi-siècle ?

(1) Stevan Harnad - Sky-Writing
voir aussi : 067 - Web 2.0

5 commentaires:

Agnès a dit…

"nouvelles technologies" : elles ont près de cinquante ans ? Les écoles françaises ne le savent pas. Elles ne sont pas entrées dans l'ére informatique de plain-pied ; c'est d'ailleurs pour cela que Darcos vient de préconiser d'équiper les classes avec du vieux matos recyclé. Les cinquante ans des ordinateurs, on les trouvera dans les classes françaises, qui en seront les musées ! Nouvelles technologies, équipez-vous, qu'il disait...
Amitiés
agnès

JoëlP a dit…

Question : Pourquoi endurcis?

Signé: Un cinquantenaire bien avancé et un peu ramolli.

rx a dit…

Très intéressant petit morceau d'histoire. Ce coup d'œil rétrospectif sur l'"aventure" de ce Steven Harnad donne à réfléchir sur l'évolution du Net...

Où en est-on aujourd'hui, dans la mouvance du web 2.0 ? Existe-t-il des lieux qui correspondent aux rêves de Steven ? C'est-à-dire des lieux où l'on rencontre de nombreuses personnes intéressées par les mêmes sujets et motivés pour échanger de manière construite/constructive ?

Usenet semble porter la promesse de fédération qui, je trouve, manque un peu dans la "blogosphère", où tout est très morcelé. Mais je manque d'expérience sur ces sujets... Est-ce que certains savent si il existe effectivement des lieux où les débats sont animés, sur des sujets académiques ?

dvanw a dit…

@ Joël : pourquoi endurcis ? Oui, au fait : pourquoi ? J'imagine qu'on est un peu comme des fromages : soit on coule, soit on sèche... Non ?

@ rx : Ca doit se retrouver quelque part. En gros au milieu entre les quadras endurcis et les quinquas ramollos.

JoëlP a dit…

>>soit on coule, soit on sèche.

J'ai le souvenir de qq qui disait:
A 50 ans tu te brises ou tu te bronzes.