30.5.05

054 - Argument cynologique

J'ai croisé cette amusante preuve ultime de l'existence de Dieu, œuvre de Dany-Robert Dufour, dans un article du Monde des Livres. Comme son auteur semble avoir négligé de baptiser sa création, je me suis autorisé à le faire moi-même, en référence - bien sur - à l'argument ontologique de Saint Anselme...
La néoténie rend Dieu inéluctable.

Explication : on dénomme "néoténie", en biologie, le fait que les individus de l'espèce humaine naissent "prématurés", immatures, incapables de subvenir à leurs besoins. Leur développement physique et psychique nécessite une longue période de socialisation. Pour se développer, ajoute le philosophe, l'homme a besoin d'êtres "symboliques", appartenant à une espèce inventée.

Conclusion : "L'homme, de par sa constitution, croit en Dieu comme le chien" croit "en l'homme (...). Dieu est la supposition nécessaire du néotène humain".
Le Monde.fr : Sans Dieu, est-ce vraiment mieux ?

Amazon.fr : On achève bien les hommes : De quelques conséquences actuelles et futures de la mort de Dieu

2 commentaires:

Monsieur HUT a dit…

Bonsoir,

Votre blog est excellent. Bon concept, design efficace.

Je prends beaucoup de plaisir à le lire.

Sauf objection de votre part, je le linke depuis mon propre blog.

Anonyme a dit…

Ayant malencontreusement glissé de quelques lignes, Léon XIII, auteur de l'immense AETERNI PATRIS, persista cependant, à faire croître tout au long de sa vie, une pensée profondément organique à caractère thomiste _ au grand courroux d'ailleurs de quelques confrères dissidents férus de néothénie. Son bagou légendaire valait qu'on fasse souvent le détour par les escaliers de marbre et les cours de récréation, ou le moindre mouflet, armé d'un petit beurre souvent friable, se voyait rabattre à la volé pour étoffer les rangs. A Noël de l'an 1879, son camarade de chambré, Robert le Petit, nous rapporte les dires confus qu'il psalmodia près du préaux :
"Je me souviens de Léon avec sa longue veste rouge, déclamant d'une voix stridente, quoiqu'inaudible : " La foi mes amis ... La foi délivre de l'erreur la raison et la prémunit contre elle et la dote de connaissances variées. ... sachez (il toussotait souvent) ... Sachez, par conséquent, que l'homme, s'il est sage, ne doit pas accuser la foi d'être l'ennemie de la raison et des vérités naturelles; mais il doit plutôt rendre à Dieu de dignes actions de grâces, et se féliciter grandement de ce que, parmi tant de causes d'ignorance et au milieu de cet océan d'erreurs, la très sainte lumière de la foi brille à ses yeux, et, comme un astre bienfaisant, lui montre, à l'abri de tout péril d'erreur, le port de la vérité." ...
Consternation en voyant venir de loin le proviseur, lequel furibond, réveillait aussitôt l'auditoire, faisant fuir chacun comme des diables !
"Bien des propos sibyllins de ce génial faiseur d'encycliques nous demeurent encore trop obscure pour tenter, selon ses propres voeux, une incorporation musclée de la philosophie Thomiste aux acquisitions de la sciences contemporaine, mais le collège et l'amical de Léon y travaille encore ... !!"

Robert le petit, dans une relique conservée quelque part, nous retrace maladroitement sur une vieille broderie, et ce malgré un paraphe indéchiffrable, quelques bribes des paroles que l'Apôtre lui aurait chuchotées lentement sur son lit d'agonie : "Robert ... que pense tu donc de la race canine ?"

(Robert le Petit est connu pour avoir rédigé un bref opuscule de 2551 pages, à la mémoire de son maître).