11.8.05

058 - Information négative

D'après un narticle paru dans Nature du 4 août, l'information peut être une quantité négative. Autrement dit, il est possible de communiquer un message, tel que celui qui le reçoit en sait moins après l'avoir lu ! Pas très intuitif comme notion... Mais rassurez-vous, ça n'arrive que dans le monde exotique des particules quantiques, où la téléportation est - depuis longtemps - un concept valide !

L'un des co-auteurs du papier a écrit une page de vulgarisation pour expliquer le phénomène en se basant sur le jeu télé : la Roue de la fortune !
Quantum information can be negative (popular description)

4 commentaires:

Monsieur HUT a dit…

D'après toi, ne pourrait-on pas considérer l'intox comme de l'information négative si le contenu de la désinformation, une fois validé (à tort, bien sûr) annule une information préalablement acquise et correcte ?

dvanw a dit…

Je vois bien l'idée, mais c'est un contresens. On n'est pas dans la sémantique mais dans la théorie de l'information. Et la base même de la théorie de l'information, c'est de considérer l'information d'un point de vue quantitatif, indépendament de tout contenu.

Donc l'intox n'est pas de l'information négative. Les particules quantiques sont peut-être imbittables, mais elles ne racontent pas de salades !

Monsieur HUT a dit…

Il y a un truc que je comprends mal (c'est pas par esprit de contradiction, mais j'aime bien comprendre quand c'est intéressant) : je pensais que l'information c'était de la matière (ou de l'énergie, ou les deux) porteuses de signification pour l'entité capable de l'interpréter et, le cas échéant, de la mémoriser.

Si on considère l'information d'un point de vue quantitatif exclusivement, qu'est-ce-qui distingue la matière/énergie informative de la matière non-informative ? Ne retombe-t-on pas alors dans le champ de la théorie quantique "classique" ?

Je sais pas pourquoi, mais j'ai le sentiment qu'il me manque un morceau (en clair, que ma question est conne) : tu m'éclaires ?

dvanw a dit…

Aucune question n'est conne. C'est un axiome. Par contre, les réponses... Mais je vais essayer.

Rien ne distingue la "matière informative" (un message) de la matière non informative (une boule de pétanque) si ce n'est l'usage qu'on en fait. Je peux rouler en boule une lettre d'amour et jouer aux boules avec. Je peux communiquer avec un alphabet à base de boules de pétanques subtilement différentes les unes des autres.

Si je fais de la physique, je peux très bien parler de la lettre d'amour (sa composition chimique, sa masse, etc...) Si je suis sémiologue, j'en parlerai autrement (en termes de signifiant, signifié, etc...)

La théorie de l'information se situe encore ailleurs (peut-être entre les 2?). Il s'agit de quantifier "combien est dit" indépendament de "ce qui est dit." Cf. par exemple http://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_de_l'information. On est plus près des maths que de la sémio. On ne "retombe" pas dans le champ de la physique quantique, on y est toujours, mais on regarde les choses du point de vue de la théorie de l'information...