19.1.07

102 - Art logiciel

Qu'est-ce que c'est que l'art logiciel ? Euh... Si on voyait d'abord ce que ça n'est pas ? Une œuvre d'art logiciel n'est pas, donc, une œuvre fabriquée avec un logiciel ou un ordinateur. Ce n'est pas une œuvre qui utilise des moyens logiciels, c'est même plutôt l'inverse : c'est un logiciel écrit dans une perspective artistique. Mais encore ?
Une œuvre d'art logicielle est, d'abord et avant tout, un logiciel créé dans un but différent des logiciels pragmatiques traditionnels. Il ne faut pas le considérer comme un outil pour la production et la manipulation d'objets digitaux - tels que des comptes en banque ou des œuvres d'art - mais comme une œuvre à part entière. (1)
Ce qui différencie les promoteurs de l'art logiciel de la foultitude  d' « artistes multimédia » dont on voit les installations au Siggraph, c'est l'accent mis sur le code comme véritable moyen d'expression, riche, et non réductible à une fonction.
On a toujours vu le logiciel comme un outil neutre,  un medium transparent  traitant de l'information. (...) On a toujours considéré qu'un logiciel et que les objets créés avec son aide appartenaient à des registres différents, qu'ils n'étaient même pas comparables. Dans la plupart de cas, on considère le logiciel comme étant 100% interchangeable avec un produit concurrent, sans aucun effet sur le résultat. Une telle approche repose sur des prémices stéréotypées et inexactes. (1)
Pour ses promoteurs, l'art logiciel répond à une nécessité à la fois artistique et politique. Tout logiciel définit un cadre, des règles, un rapport au monde, auquel il est bien difficile d'échapper... A moins de réécrire le logiciel.

Concrètement qu'est-ce que ça donne ? De tout. De l'ASCII Art, de la poésie logicielle ( William Blake adapté en langage Perl ! ), de vieux jeux Sinclair ZX rebricolés artistiquement, des programmes génératifs qui « créent » des images et des sons, un Game of Life à deux joueurs, des parodies de programmes commerciaux et de sites web, et même un programme qui s'efface lui même dès qu'on le lance... Tout ça est bien sûr disponible en ligne, notamment chez runme.org. Et le premier qui demande à quoi ça sert va au coin avec le bonnet d'âne !

(1) Read-me festival 1.2

Voir aussi :
041 - Obfuscated Code
027 - Algorisme

1 commentaire:

Joël a dit…

Excellente présentation!
Juste après l'art il y a l'artisanat. Les bons artisans produisent des chefs-d’œuvre qui mélangent art et utilité, on peut encore leur demander « à quoi ça sert ? ». J’ai le souvenir d’avoir eu l’ambition d’être un bon artisan producteur de logiciel... Je l’ai même été qq fois, je crois mais ce temps est bien loin.
Y a-t-il encore des programmeurs qui ambitionnent d’être des artisans ? Quelques uns sans doute mais je n'en connais plus.