3.11.06

088 - Non-empiètement des magistères

Le non-empiètement des magistères (en VO : Non Overlapping MAgisteria, ou NOMA ) est l'idée, défendue par Stephen Jay Gould contre les créationnistes de tous poils, que la Science et la Foi appartiennent à deux niveaux de connaissance distincts, qui ne se chevauchent pas :
Le principe de NOMA prône le respect mutuel, sans empiètement quant aux matières traitées, entre deux composantes de la sagesse dans une vie de plénitude : notre pulsion à comprendre le caractère factuel de la Nature (c'est le magistère de la Science) et notre besoin de trouver du sens à notre existence et une base morale pour notre action (c'est le magistère de la Religion).
Les créationnistes détestent l'idée, mais certains scientifiques, moins pacifistes que Gould, ne l'aiment pas non plus. Dans un article récent, Richard Dawkins s'attaque avec virulence au bon vieux NOMA. Si on va au delà d'un vague panthéisme, explique-t-il, si on pense que Dieu est le créateur de l'Univers, alors Dieu devient de facto une hypothèse scientifique. Et, en tant qu'hypothèse scientifique, il est assez mauvais !
Non seulement l'hypothèse de Dieu n'est pas nécessaire, mais elle manque en plus spectaculairement de parcimonie. Non seulement nous n'avons pas besoin de Dieu pour expliquer l'univers et la vie, mais Dieu est clairement - et de loin - l'idée la plus superflue du monde. On ne peut évidemment pas prouver Son inexistence, pas plus que celle de Thor, des fées, des lèprechaumes ou du Flying Spaghetti Monster. Mais, de Dieu comme de ces autres fantaisies, on peut dire qu'il est très très improbable.
La Tribune : le principe de NOMA
Richard Dawkins: Why There Almost Certainly Is No God

Voir aussi : Intelligent design - Flying Spaghetti Monster - Déshellénisation

2 commentaires:

Joël a dit…

Je suis un peu partagé en lisant le texte de monsieur Dawkins. Je serais a priori plustôt tenté par la tolérance et cette idée de séparation des magisters. D'un autre côté, le poids considérable la religion aux States, déjà très fort depuis longtemps, et qui s'est encore alourdi depuis W donne de furieuse envie de militantisme athée.

S'il est vrai que la moitié des américains pensent que la fin du monde (inscrite dans notre mode de consommation) sera l'avénement glorieux du Christ et donc une bonne chose... alors il y a urgence et je dis au diable la séparation de magistères.

khate a dit…

Ils feraient bien de remettre en cause leur façon de vivre et de cosommer au lieu de tout mettre sur le "dos" de Dieu !
Chez moi on dit encore :
"Aide-toi et le ciel t'aidera !"